COLCOT trial

Efficacy and Safety of Low-Dose Colchicine after Myocardial Infarction
Efficacité et tolérance de la colchicine à faible dose après un infarctus du myocarde

 

Contexte et hypothèse

L’inflammation infraclinique est un des mécanismes impliqués dans le développement de l’athérosclérose et la thrombose artérielle, y compris coronaire. L’inflammation fait ainsi partie des voies thérapeutiques évaluées depuis plusieurs années dans la prévention du risque cardiovasculaire dit résiduel. Récemment, l’étude randomisée CANTOS avait démontré une relation entre le canakinumab – immunomodulateur de l’interleukine Béta 1 – et la réduction des évènements cardiovasculaires en prévention secondaire d’un infarctus du myocarde.

L’étude COLCOT explore à nouveau la voie thérapeutique de l’inflammation, avec cette fois un médicament bien connu des cardiologues : la colchicine. Présentée lors de l’édition 2019 du congrès de l’American Heart Association par le Professeur Jean-Claude Tardif de l’institut de cardiologie de Montréal, l’étude COLCOT a ainsi évalué si l’administration d’une faible dose de colchicine dans les 30 jours suivant un infarctus du myocarde pouvait diminuer le taux d’évènement cardiovasculaires.

 

Critères d’inclusion et d’exclusion

Critères d’inclusion

– Patients traités pour un infarctus du myocarde dans les 30 jours avant l’entrée dans l’étude.
– Patients traités de manière optimale avec succès de revascularisation et prévention secondaire selon les recommandations.

Critères d’exclusion

– Insuffisance cardiaque sévère, FEVG < 35%, AVC récent, antécédent de cancer, antécédent de maladie inflammatoire digestive, antécédent de diarrhée chronique, insuffi sance rénale chronique, insuffisance hépatique, interaction médicamenteuse.

 

Plan d’étude et traitements étudiés

L’étude COLCOT est un essai randomisé académique, multicentrique et multinational, avec un dessin en double aveugle, contrôlé contre placebo. L‘administration d’une dose de colchicine 0,5 mg /j est comparée à un placebo. L’étude a été financée par le gouvernement du Québec, le Canadian Institutes of Health Research, et des dons philanthropiques. Cette étude a réuni 167 centres de 12 pays différents.

 

Critères de jugement

Le critère de jugement principal était un critère composite défi ni par décès cardiovasculaire, arrêt cardio-respiratoire récupéré, infarctus du myocarde, hospitalisation pour revascularisation en urgence ou accident vasculaire cérébral.
Les critères de jugement secondaires étaient les évènements du critère composite principal analysés séparément.
Les critères de tolérance digestive et infectieuse ont aussi été évalués.

 

Taille de l’échantillon et hypothèses statistiques

Les investigateurs ont estimé qu’un échantillon de 4500 patients donnerait une puissance de 80 % pour détecter une différence de 27 % dans la survenue du critère de jugement principal entre la colchicine et le placebo, avec un test bilatéral et un seuil de significativité de 0,05.

 

Population

Entre décembre 2015 et août 2018, 4745 patients ayant souffert d’un infarctus du myocarde dans les 30 jours ont été inclus. Ces patients ont été randomisés dans le groupe colchicine (n=2366) ou dans le groupe placebo (n=2379), et suivis pendant 22,6 mois (médiane).

 

Résultats

La population avait les caractéristiques standard des patients admis pour un infarctus du myocarde : moyenne d’âge 60 ans, 20 % de femmes et 20 % de diabétiques. Le traitement a été interrompu chez 18,4 % des patients du groupe colchicine et 18.7 % du groupe placebo.
Le critère de jugement est survenu chez 5,5% des patients du groupe colchicine, en comparaison avec 7,1% des patients du groupe placebo (hazard ratio, 0,77; 95% intervalle de confiance 0,61 – 0,96; p = 0,02)

 

Evénements indésirables et tolérance

Les pneumonies étaient plus fréquentes dans le groupe colchicine (respectivement 1,8 % vs. 1,0 %, p=0,02), ainsi que les nausées (1,8 % vs. 1,0 %, p=0,02). Au total, l’incidence des évènements indésirables était équivalente dans les 2 groupes (colchicine 16.0 % et placebo 15,8 %). Les évènements gastro-intestinaux sérieux sont survenus de manière équivalente dans les 2 groupes (2,0 % et 1,5 %, p=0,25), de même que les épisodes de diarrhée.

 

Conclusion

Les patients traités par colchicine à faible dose (0,5 mg/j) dans les 30 jours d’un infarctus du myocarde ont bénéficié d’une réduction des évènements cardiovasculaires majeurs en comparaison à un groupe placebo. Avec cette étude, la recherche avance un peu plus dans la réduction du risque ischémique lié à l’inflammation. Ces résultats sont à mettre en perspective avec l’étude COLCHICINE PCI qui n’a pas montré d’effet de la colchicine sur la réduction de la souffrance myocardique péri-procédurale, et les résultats que montrera l’étude CLEAR SYNERGY (OASIS 9) qui est en cours.

Michel Zeitouni, Groupe Action Cæur

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