Pour vous, quelles ont été les 2 ou 3 principales avancées en cardiologie depuis l’an 2000 ?

La première grande avancée est à mon sens une avancée technologique remarquable dans le domaine de la rythmologie, grâce à un investissement de la R&D industrielle : systèmes de cartographie hauterésolution, cathéters « contact », stimulateurs sans sonde et défibrillateurs implantables. Cette avancée résulte probablement des progrès et ruptures technologiques soutenus par de nombreuses applications non-médicales.

La deuxième avancée, visant une meilleure compréhension physiopathologique des troubles du rythme et l’ambition de pouvoir stimuler le coeur biologiquement, a été beaucoup plus lente, à l’exception de certains travaux majeurs comme par exemple celui évaluant le rôle des veines pulmonaires dans la fibrillation atriale.

Enfin, la resynchronisation cardiaque constitue pour moi la troisième avancée majeure de ces vingt dernières années, fruit d’une progression tant technologique que physiopathologique.

 

Quelle a été votre meilleure expérience professionnelle ?

L’année passée à l’Institut du Coeur de Maputo reste ma meilleure expérience. Jeune interne, libre de toute initiative, je me suis retrouvé immergé dans un environnement bien différent de mon train-train parisien. J’y ai vécu des rencontres marquantes et une réflexion passionnante sur une maladie endémique, dont la physiopathologie reste pourtant totalement inconnue.

 

Quel serait votre principal regret ?

D’avoir amputé ma vie familiale en faveur de ma vie professionnelle.

 

Comment voyez-vous le futur ?

J’y vois des opportunités formidables en lien avec les technologies de l’information, aux conditions suivantes : garder un esprit critique sans subir les modes, apprendre à gérer ce foisonnement d’informations disponibles, et adapter les missions de chacun à ce nouveau paradigme. Cette nouvelle donne doit permettre de recentrer l’équipe médicale sur sa mission première, et sera l’occasion de faire émerger des filières paramédicales avancées auxquelles je crois beaucoup. L’intégration de la robotique sera, de la même façon, l’occasion de repenser la répartition des rôles de chacun.

Eloi Marijon,
Paris

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