Est-il possible de mieux identifier les CMH parmi les hypertrophies ventriculaires gauches ?

 

L’hypertrophie ventriculaire gauche dans la cardiopathie hypertensive est connue pour augmenter la durée du QRS, tandis que les patients porteurs d’une cardiomyopathie hypertrophique (CMH) ont fréquemment des QRS étroits. La durée du QRS est la représentation par l’électrocardiogramme (ECG) du temps nécessaire pour dépolariser l’ensemble des ventriculaires, l’augmentation de la masse ventriculaire dans les CMH pourrait être responsable d’une activation ventriculaire plus rapide.  

 

Le phénotype clinique des CMH et des hypertrophies ventriculaires gauches secondaires à l’hypertensive artérielle HVG secondaire à l’HTA est souvent proche et difficile à distinguer avec certitude. Le diagnostic actuel est basé sur l’imagerie mais manque de spécificité.

L’objectif de mon travail de thèse était de comparer la relation entre la masse ventriculaire gauche et la durée du QRS dans la CMH, d’autres formes d’hypertrophies ventriculaires gauches (HVG secondaire à l’HTA, non compaction ventriculaire gauche) et des patients témoins (avec un cœur normal non hypertrophié). 

Les données de 305 patients issus des CHU de Toulouse et de Bordeaux ont permis de mettre en évidence des QRS plus étroits en cas de CMH comparativement aux autres populations d’hypertrophie ventriculaire gauche. La masse ventriculaire gauche était mesurée sur une IRM myocardique et la durée des QRS obtenue par des mesures automatiques d’un ECG de surface 12 dérivations. La durée des QRS des HVG secondaires à l’HTA était plus élevée que celle des CMH et ce d’autant plus que la masse ventriculaire gauche était importante. Dans les CMH, la durée des QRS avait tendance à être plus étroit et ce d’autant plus que la masse ventriculaire était plus importante (Figure 1).  

Ces résultats ont fait l’objet d’une publication dans l’European Heart Journal Cardiovascular Imaging en Mars 2021 (doi: 10.1093/ehjci/jeab063).  

Je suis actuellement en « fellowship » au Canada et je poursuis mes travaux sur ce thème avec la contribution de l’Institut Universitaire de Cardiologie et de Pneumologie du Québec. Un projet de plus grande ampleur est en cours pour valider mes premiers résultats et créer un outil diagnostique permettant de mieux identifier les CMH parmi les hypertrophies ventriculaires gauches. 

 

 

Guillaume Domain, Québec 

 

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