Chez les diabétiques, l’excès de risque d’accident coronaire est plus élevé chez les femmes que chez les hommes. S Peters et coll. (Utrecht) ont procédé à une revue générale avec méta-analyse pour vérifier ce qu’il en est avec le risque d’AVC. On savait déjà que, dans la population générale, ce risque est plus élevé chez les hommes que chez les femmes, excepté pour les trente-quarantenaires et au-delà de 85 ans Les données de l’étude UKPDS avaient aussi montré que le risque d’AVC est doublé chez les diabétiques par rapport aux non-diabétiques. Le travail dont il est question ici porte sur 64 cohortes regroupant 775 385 patients chez lesquels ont été observés 12 539 AVC fatals ou non. Le risque relatif d’AVC par rapport aux non-diabétiques est de 2,28 (ic à 95% 1,93 -2,69) chez les femmes et de 1,83 (1,60 – 2,08) chez les hommes, les premières ayant, par rapport aux seconds, un excès de risque significatif (RR 1,27 ; 1,10 – 1,46). Cet excès de risque chez les femmes se retrouve pour le risque d’AVC mortel. Ces résultats ont pu être confirmés à travers un grand nombre de sous-groupes et dans une analyse de sensibilité prenant en compte différents paramètres.

Dans l’éditorial satellite de cette publication, Linong Ji (Pékin) rappelle que les hypothèses plausibles pour expliquer l’excès de risque d’AVC chez les femmes ne manquent pas. Grossesse, pré-éclampsie, contraceptifs et autres traitements hormonaux sont tous à même de favoriser la survenue d’AVC mais il s’agit ici des seules femmes diabétiques et en dehors du diabète gestationnel, rien ne marque la différence avec les femmes non-diabétiques. La question reste également entière vis-à-vis des facteurs de risque d’AVC qui pourraient être plus fréquents chez les femmes que chez les hommes (migraine avec aura, HTA, dépression et autres facteurs psychosociaux). Une des hypothèses avancée par les auteurs de la méta-analyse est que les différentes formes de diabète ou les différents stades de dysrégulation glycémique (hyperglycémie à jeun, réponse excessive à une charge glycémique…) ne seraient pas représentés à l’identique chez les hommes et les femmes alors qu’elles ne véhiculeraient pas toutes le même risque d’AVC.

En attendant que ces hypothèses soient explorées de façon spécifique, le principal enseignement de cette méta-analyse est qu’en raison de cet excès de risque d’AVC, une attention particulière doit être portée au contrôle de tous les facteurs de risque (notamment l’HTA) chez les femmes diabétiques.

Références :

Peters SAE, Huxley RR, Woodward M. Diabetes as a risk factor for stroke in women compared with men: a systematic review and meta-analysis of 64 cohorts, including 775 385 individuals and 12 539 strokes. Lancet 2014;383:1981-1989.

Ji L. Sex disparity in the risk of diabetes-associated stroke. Lancet 2014;383:1948-9.

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